mercredi 25 mai 2016

Pourquoi faire simple... Acte 1

Pourquoi faire simple, et pourquoi ce titre énigmatique ?

Tout d’abord, et même si on publie tout le même jour ou presque, comme 5 jours de notre vie trépidante c’est long à raconter, on va partitionner l’article en 2, d’où Acte 1. Pour les fainéants et les habitués de l’endormissement en plein effort, ça fera faire une pause, pour les autres ça fera… rien.

Rapide cours de géographie, ensuite, pour répondre à la question posée : le Chili c’est un pays, certes pas très large, mais tout en longueur, d’une longueur de plus de 4300 bornes même entre, grosso-modo, les 18e et 50e parallèles (sud s’entend).
Comme vous le savez, d’autant mieux que vu notre retard vous avez eu le temps de lire et relire nos articles précédents, nous sommes à Santiago à peu près au milieu (milieu Nord d’accord, mais milieu quand même, faisons simple). Ben nous ce qu’on veut maintenant, avant d’enchaîner sur la Bolivie et le Pérou, c’est passer par San Pedro de Atacama à quelques km au Nord (juste un p’tit millier).
On regarde les vols, les bus, les vélos, les lamas : banco ! Le meilleur plan est un vol moins que pas cher pour Arica. Pour vous situer, c’est juste près de 700 bornes plus haut que ce qu’on veut… à 2 pas des frontières du Pérou et de la Bolivie.
Pourquoi faire simple donc et pourquoi pas plutôt se faire un détour de 700 bornes histoire de faire une grande boucle !

Nous partons ainsi de Santiago le 3 mai pour découvrir l’extrême Nord du Chili. 1er aperçu déjà depuis les hublots de l’avion, puisque nous survolons la Precordilliera, sorte de Préalpes perchées à la hauteur du Mont-Blanc ou pas loin.
Là c’est sûr, on se dit que ça va nous changer définitivement de nos plages de sable blanc et de notre eau à 30°…


Arica, port dynamique et ville plutôt sympa, se situe en bord et présente la particularité d’être la ville la plus aride du Chili avec en moyenne 3 jours de pluie tous les 2 ans, un soleil de plomb et des températures de juin-juillet en Corse le reste du temps. Juliette n’ayant rien fredonné sur place, on n’a du coup pas eu à se soucier de la flotte.
C’est aussi un lieu d’histoire (un peu de culture gé, c’est toujours utile lors des soirées mondaines) puisque l’éperon rocheux qui la domine (El Morro de Arica) fut le lieu de la bataille décisive de la guerre du Pacifique qui permit au Chili de grignoter une bonne part du Pérou et de la Bolivie (accessoirement celle qui contient les mines de cuivre et de nitrate, précieuses au 19e).
Nonobstant cette situation privilégiée (belle maîtrise du français isn’t it !) qui en fait, avec ses grandes plages et ses gros rouleaux, un paradis pour les surfeurs, c’est le point de départ pour de nombreuses excursions vers les hauts-plateaux andins, en particulier le Parque de Lauca, petit joyau encore relativement préservé du tourisme de masse.
Bon ça monte jusqu’à 4500m d’altitude sur la journée, du coup on hésite, on réfléchit, on se rappelle les recommandations de l’infirmier au centre de vaccinations internationales sur le mal aigu des montagnes : à partir de 3000m, ne pas dormir plus de 500m plus haut que la veille, aller plus haut dans la journée que là où vous allez dormir ensuite, éviter l’alcool (Fu** !). Autant dire qu’ici, ces recommandations, tout le monde s’en tamponne et il va nous falloir trouver le compromis qui nous semble le plus adapté, sécure sans non plus se faire ch** plus que de raison.
Nous choisissions finalement de partir sur 3 jours avec une agence qui ne nous paraît pas trop mal (d’autant qu’elle nous fait 30% de remise sur le prix…) avec 2 nuits au cœur du Parque de Lauca, à Putre, petit village perché à 3500m d’altitude au pied du volcan (éteint) de Taapaca. Au programme en particulier : deux journées à 4500 m dans le Salar de Surire puis au bord du Lago Chungara, l’un des plus hauts lacs du monde (juste 1000m au-dessus du Titicaca), au pied du volcan (encore) Parinacota (rien à voir avec la pana cotta).
Sur le coup, on a bien encore quelques doutes (vont-ils bien venir nous chercher le lendemain matin, combien serons-nous dans le 4X4 et surtout comment allons-nous supporter l’altitude et les nombreuses et longues heures de voiture… ?).

Comme ruminer ne sert à rien (demandez donc à Clara), d’autant plus qu’on a déjà payé, nous poursuivons notre journée à la découverte d’Arica la désertique en montant au sommet d’El Morro d’Arica (vous savez ce que c’est depuis peu). 
En chemin, nous nous arrêtons dans un petit musée bâti sur feues les fondation d’un projet d’hôtel, pour découvrir, comme les ouvriers du chantier d’alors, des momies Chinchorros, peuple de pêcheurs millénaires qui momifiaient leurs morts quelques milliers d’années avant les égyptiens. Bon, les momies ne sont pas extrêmement bien conservées et on voit au final surtout des ossements, quand même impressionnants. Les enfants n’en trop disent rien et en rigolent même parfois, et on se dit que finalement pas grand-chose ne les brasse… jusqu’au soir où au moment de s’endormir Alexandre nous fait un petit cauchemar… Promis, plus de momies pour lui jusqu’à la fin du voyage ! Pour Chloé, ni chaud ni froid (on confine presque à l’intérêt clinique) même en présence de petits squelettes d’enfants ou de bébés… en revanche difficile de lui faire avaler un bout de viande de lama… Allez comprendre la sensibilité de ces demoiselles !
Pour finir la journée et avant le repas, excursion privée pour les hommes avec un tour chez le coiffeur (la coiffeuse en fait) pour une tonte en règle, la dernière coupe datant de plus de 4 mois. C’est peu dire que le contraste est saisissant !

Ah, si ! Je sens que vous en brûlez d'envie mais n'osez pas. Donc je pose la question à votre place : Diantre ! Pourquoi donc un camion de pompier ? Tout simple, Alex a bravé les flammes d'un incendie en pleine rue pour sauver un chat borgne qui se jetait aveuglément dans le feu. Il a donc été fait pompier d'honneur de la ville. Balèze hein ?!

Le jour du départ pour notre tour arrive et nous voilà à attendre notre guide devant l’hôtel. Très bon choix au final (plus facile de dire ça après coup !), puisque c’était réellement une superbe excursion. Andres, notre guide, est arrivé à l’heure ce qui a l’heur de rassurer déjà Juliette sur le sérieux du bonhomme. Il se révèle très sympa, fait l’effort de parler lentement en espagnol pour qu’on le comprenne (et parle accessoirement très bien anglais quand on ne comprend plus rien). Cerise sur le gâteau : cela se transforme en tour privé puisque, faute de clients, nous sommes seuls.
Cette première journée à travers la Precordilliera pour nous rendre à Putre nous permet de traverser des paysages magnifiques, de vallées arides en des montagnes de sable. Notre formation d’ingénieurs nous rattrape d’ailleurs quand on voit des rails de chemin de fer sur le flanc d’une colline de sable… mais comment ça tient cette affaire ? 
Nous découvrons également des pétroglyphes datant de plusieurs siècles, dont le but était simplement d’indiquer le chemin et les bassins de vie, et donc de commerce, aux caravanes venues faire du troc. On se demande comment les pierres juste posées sur la colline ont pu résister ainsi au temps ? Réponse fort simple de notre guide : il ne pleut et ne gèle jamais par ici ! Vu comme ça effectivement.
Notre excursion comprend également la visite d’un musée Chinchorros avec, entre autres, à nouveau des momies. Alexandre passera sagement son tour sur ce coup là…

Nous commençons notre ascension vers Putre, avec un paysage qui se transforme peu à peu à mesure que nous attaquons l’Altiplano Chilien et nous testons notre premier repas en altitude dans un resto de routiers perché à 4200m.
La route nous donnera également à voir quelques curiosités, dont les cactus candélabres typiques de cette région et une hallucinante illusion d’optique sur la route nous donnant l’impression tenace de descendre alors qu’on monte, bluffant au point mort !
Avant de rejoindre Putre, quelques haltes dans des villages typiques de la région, Socoroma et Ponconchille, faits d’adobe (mais sans acrobates, jeu de mots de geek).
Putre, lui, est un joli petit village d’altitude en plein parc national dans lequel on termine la journée par une petite balade avec pause dans l’aire de jeux pour enfants : pause beaucoup plus courte qu’attendue, les enfants se rendant vite compte que, à 3500m, l’oxygène est une denrée rare et que les efforts doivent être comptés. 
En dehors de cela, pas de problèmes dus à l’altitude, sauf un léger mal de crâne le premier soir (amplifié par le froid de la chambre d’hôtel, sans chauffage) et un Alexandre, jusqu’alors vorace, en légère perte d’appétit.

Fin de l’Acte 1, au moment où Scapin apprend à Sylvestre … Non je déconne, à tout de suite pour l’acte 2 !

Bon quand même, pour les crédules (ou les grands-mères, c'est souvent les mêmes) qui auraient gobé l'histoire des pompiers : on a seulement été bouffé dans un resto local niché au fond de la caserne.
Hasta Luego !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire