On vous l’a dit, vous l’avez lu et vous avez bien dû sentir que ce n’était pas fini : les p’tits Marras en vadrouille et les bateaux ne font pas très bon ménage sur ce trip.
On ne pouvait donc pas finir la Thaïlande sans faire un dernier post pour notre dernière aventure nautique, enfin pas si nautique au final.
Le problème, quand on est sur une île, c’est qu’il faut d’abord y arriver (jusqu’ici tout le monde suit) et ensuite en partir.
Le problème, quand l’île n’est pas très grande, c’est qu’en dehors du bateau on ne trouve pas pléthore de solution.
Le problème avec les bateaux, c’est que ça flotte (vous me direz, ce n’est plutôt pas un problème en général) et que pour que ça flotte, ben il faut de l’eau.
Le problème avec l’eau, celle de mer en particulier, c’est qu’elle est plutôt sensible à l’influence de lune, un truc qui s’appelle la marée.
Etc., etc. , je pourrais vous remonter le fil comme ça pendant des pages et des pages pour en arriver à LA question : qu’est-ce qu’on foutait à 6h du mat’ en caleçon et culotte à pousser un put… de bateau coincé sur un banc de sable, le tout à 2 heures de choper notre avion pour Kuala ?
La réponse est plutôt simple, une élémentaire combinaison des quelques lignes précédentes, d’une tendance juliettesque à vouloir être suffisamment en avance pour arriver avant de partir et d’une manie thaïlandaise de te raconter que ce sera « same same » … mais différent.
Devant donc prendre le 1er vol Krabi-Kuala de 8h35 avec un départ depuis notre petite île perdue, nous voilà donc en quête, quelques jours plus tôt, du meilleur moyen pour rallier l’aéroport dans les temps et éviter, par la même occasion, de flinguer notre billet tour du monde.
Après avoir longuement palabré avec notre néanmoins charmante hôtesse, nous optons pour la solution safe-sécure-assurance tout risque : un bateau privé à 6h de l’autre côté de l’île.
Ben ouais, c’est forcément mieux puisque c’est « same same » et que le ferry (faut voir la taille du ferry, on dirait un pédalo de l’Espiguette) n’est pas sûr de partir en cas de grosses vagues… enfin en même temps quand y a pas d’eau, les vagues c’est pas hyper fréquent (attendez, vous allez bientôt saisir).
Ben ouais (bis, je manque de vocabulaire), parce que c’est là que tout part en quenouille (notez l’emploi du mot quenouille) : après 30 minutes à l’arrière du taxi-pick-up sur des pistes dignes du Dakar, nous voilà rendus au port (z’auriez vu le port, rires), marronnasses des pieds à la tête à cause de la poussière (re-rires) et observant penauds notre taxi se dépoiler et mettre une frontale avant de disparaître (ce coup-ci plus de rires en fait).
Jusque-là, pour la petite histoire, on n’a toujours pas vu de bateau !
Ben ouais (ter) parce que quand on veut être safe-sécure-assurance tout risque, on amarre son bateau dans un petit estuaire à l’abri du gros temps (comme dirait Sylvain le mec de l’EDF).
Ben ouais (quadrupède) mais quand on se trouve en fait à marée basse (ça y est, vous comprenez les allusions au manque d’eau) on se retrouve comme un c.. à pousser pour désensabler le bateau.
Et désensabler le bateau, c’est déjà une gageure en soi me direz-vous, sauf que, et c’est encore plus chiant à marée basse, où est-ce que le sable s’accumule dans les estuaires ?? Je vous le donne Emile : ben ouais (quinté dans le désordre) pile-poile à l’embouchure.
Et c’est là (un peu avant en fait) qu’on intervient : ayant embarqué avec toutes nos affaires (enfants compris) et devant l’impuissante obstination de nos voyagistes à pousser ce foutu rafiot, alors même que l’horloge affichait 6h30, nous proposons nos services et descendons, jambes à l’air et culottes au vent essayer de faire avancer notre frêle esquif les guiboles enfoncées de 40cm dans la vase.
Et là miracle : il a avancé… sur au moins 3 mètres jusqu’à se poser comme de juste (et comme une m….) sur le banc de sable qui marquait la fin de la rivière et le début de la mer.
Autant vous dire que nous étions fumasses, quand Juliette fait justement remarquer à nos 2 pieds nickelés qu’il y a un bateau tout juste amarré en face de nous, et pour le coup déjà dans l’eau !
Je vous passe les détails de la négo mais gros en ça donne :
C’est pas le nôtre. / On s’en fout !
Je vais appeler un bateau qui va venir. / On s’en fout !
Si on fait ça le proprio sera pas content ! / On s’en fait fout !
Et voilà, on s’est transformés en flibustiers et on a piqué (fait piquer est plus juste) un bateau, le tout presque cul nul ! Pas mal hein !
Le chauffeur taxi qui nous attendait de l’autre côté pour aller à l’aéroport devait être au jus « des derniers développements de l’affaire » comme on dirait au JT de 20h parce qu’il n’a même pas osé un sourire en nous voyant arriver (en vestes, sacs au dos et jambes à l’air avec de la boue jusqu’aux genoux, y avait pourtant de quoi), n’a pas été exigeant avec le respect de la propreté de son taxi et a fait fissa pour nous amener à bon (aéro)port.
Voilà vous savez tout !
Ah si pendant ce temps-là, Chloé et Alex que rien ne semble étonner, sont restés stoïques, attendant que ça se passe.
Faut vraiment qu’on arrête les bateaux !
Merci de m'avoir bien fait rigoler pendant ma pause déjeuner !
RépondreSupprimerOn était vraiment très très très contents de partager ces jours avec vous en Thaïlande...
De notre côté, ça a été un bazar innommable de prendre l'avion à Krabi car panne de courant générale... et donc 3h de queue sans clim, sans annonces, avec des gens qui portent les valises (à la place des tapis) et le ticket d'embarquement écrit à la main...on a évité demander pour la tour de contrôle !
On se disait "heureusement qu'ils ne sont pas avec nous et partis tranquillement ce matin" :):):)
Gros bisous et continuez bien !
Fabienne
Je rejoins Fabienne. MDR comme disent les jeun's. Un grand moment de détente à 22h.
RépondreSupprimerTrès grand récit : on imagine la scène. En cette période de César et d'Oscar, c'est digne des bronzés en Thaïlande (ils avaient pensé à faire un film mais il y a eu un contretemps maritime je crois).
Quand je pense que tout le monde se dit "OUAH super projet ce tour du monde, fantastique !!!" "AOUH, ils en ont de la chance !". Je fais bien les onomatopées!
On est loin des images clichés : coolitude, zénitude. Ben non, c'est de la bravitude. Quand on pense que James Bond peut faire cela en restant smart, quel exploit avec femme et enfants. Ouais, vous voilà en train de détourner un bateau; c'est de la piraterie ! "same same"!!! Devant des enfants en plus.
Y a plus besoin de vous lancer des défis; les autochtones s'en chargent.
Sur le prochain continent, j'espère que vous évitez de vous laisser mener en bateau (humour à 2 balles et oui, il se fait tard).
bises à vous. et à bientôt pour de nouvelles aventures !!!
Coucou il est top ce blog : il est à jour comme il faut (en tout cas pour nous), plein de péripéties Thai hilarantes (le masque de plongée pour tenir le tail boat dans la tempête, c'est ENORME), des photos magnifiques, et des nouvelles qui font plaisir. Bon OK, le coup du Durian, c'est un peu fourbe de ma part. Mais ça fait partie de la Thaïlande ! Promis, le prochain défi sera plus cool. Bisous à tous les 4
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