mardi 29 mars 2016

Australie – Tome 4 : Australiens et bons samaritains

Le titre de cet article pourra paraître surprenant, mais il fallait bien qu’on reste dans la veine biblique développée jusque-là pour cette partie du globe.

Le plus important c’est surtout qu’il reflète exactement, ou pas loin, les rencontres qu’on a pu faire et la bienveillance des gens avec qui on a partagé ces quelques instants comme autant d’expériences enrichissantes.
Faut être honnêtes : de l’Australie, en dehors du triptyque marsupiaux-grands espaces-BBQ, nous n’attendions pas grand-chose et du coup la surprise n’en a été que plus belle.
C’est à Melbourne, quelques heures seulement après avoir atterri, que nous faisons notre première vraie belle rencontre du voyage. Tout cela commence un peu étrangement par une autre rencontre sur un quai de gare.

Pour ceux qui nous découvrent, on voyage pour plus de 6 mois, traversant parfois (souvent en ce moment) des pays où la vie est chère et du coup, ben faut quand même qu’on essaie de serrer un minimum le budget. Avec un petit budget, en Australie c’est assez simple : faut trouver un hôtel miteux en centre-ville (rare à Melbourne) ou viser moins miteux mais nettement moins en centre-ville.… Nous voilà donc embarqués pour une petite demi-heure de train (d’où le quai de gare) afin de rejoindre le logement qu’on avait booké la veille depuis l’aéroport de KL., le tout après un voyage au long court qui aura commencé à Koh Sriboya près de 30h plus tôt et aura laissé quelques traces (au propre comme au figuré, pas besoin de vous rappeler le poussage de bateau).

Sur le quai de la gare donc, sûrement intriguée par notre famille de backpackers portant leur maison sur leurs dos (y compris les enfants), une russe à l’anglais (qui vu mon niveau m’est apparu) parfait m’interpelle et, en attendant le train, me questionne sur les enfants, notre voyage, d’où on vient et tout le toutim. Plutôt sympa. Le truc, c’est qu’une fois dans le train, alors que je suis séparé de Ju et des enfants par quelques sièges, la gamberge commence à faire effet (à moins que ça ne soit le temps de décrypter mon anglais) et notre nouvelle amie se dit qu’il serait dommage de ne pas profiter de ce Frenchie sympathique pour entamer un débat passionné sur notre monde qui part en c…apilotade ! Du coup tout y passe : politique, en nous expliquant qu’on n’avait vraiment pas de bol avec le pire président qu’on n’avait jamais vu (« the worst ever, I swear !! » en VO), que le monde partait complètement de travers et qu’il n’y avait plus de morale, etc. etc. et qu’on était finalement de nos jours un peu inconscients de faire des enfants sachant le monde qu’on allait leur laisser !!
Bon, vous connaissez mon goût pour le débat (tant qu’à la fin il est admis que j’ai raison …) alors j’essaie de faire usage de mes talents de bretteur et de rhétoricien, transposés (tant bien que mal) dans la langue de Shakespeare, quand à bout de patience je pose LA question : « Ok, Ok, mais qu’est-ce que vous proposez ? » Les premiers sourires commencent à poindre parmi nos voisins qui, petit à petit, se joignent à la discussion, et accessoirement se portent à ma rescousse. Du coup, profitant de la dispersion, je m’éclipse tranquillement (à l’anglaise comme dirait l’autre) et attaque une conversation croisée bien plus tranquille avec mon voisin qui à son tour m’interroge sur notre voyage, les enfants, etc.… J’explique donc à Evan (puisque tel est son nom, mais nous ne le saurons que plus tard…mystère) notre trip et nos projets et lui indique au passage l’adresse approximative de notre hôtel… qui semble le laisser pour le moins perplexe (du genre « Ah bon, il y a des hôtels là ? Ben, oui, enfin on espère… »), bien qu’il ait la décence de ne pas en rajouter. Je commence à m’inquiéter un peu en se demandant où on allait tomber (après nos aventures thaïlandaises on commençait juste à relâcher la pression…). 


Mon voisin, descendu deux arrêts avant nous, ne nous avait effectivement pas menti et nous voilà débarqué dans un coin un peu paumé, partant à la recherche de notre hôtel et tournant une bonne quinzaine de minutes avant de toucher au but… en fait d’hôtel, un magasin de luminaires… (qui se révèlera être bien la bonne adresse d’un apart’hôtel, plutôt top même).
Chose étrange, en arrivant sur le parking un homme s’approche de moi l’air amical et vaguement familier : mon sympathique voisin de train ! Passé un premier moment d’étonnement de ma part, il m’explique tout simplement qu’il s’était en fait inquiété pour nous et s’en voulait de nous avoir laissés tous seuls sans aide (!!). Il avait donc tout aussi simplement repris sa voiture et était venu vérifier que tout allait bien pour nous… On discute un peu, on s’échange nos coordonnées et nous propose si on le souhaite de manger chez lui ! Il nous proposera même de nous balader à Melbourne et dans les environs le lendemain !
On est un peu éberlués avec Ju mais, le bonhomme nous inspirant confiance, nous le rappelons le lendemain et acceptons son invitation à diner. Il vient nous chercher à la gare et là, nous sommes accueillis chez eux par sa femme Cathy, leurs trois garçons adolescents Jack, Harry et Ned et le meilleur ami des enfants pour la soirée Jelly le gros chien !
On a passé une super soirée, pour laquelle ils nous avaient préparé un repas typiquement australien : un barbecue (avec kangourou !) agrémenté de pleins de salades meilleures les unes que les autres et de quelques bonnes bières. Nous avons pu discuter toute la soirée sur le fonctionnement et la vie en Australie en comparaison de chez nous, sur les enfants et les voyages et tout un tas d’autres sujets, finalement prétextes à l’échange et, surtout, à passer un bon moment avant de nous ramener dans notre hôtel « in the middle of nowhere » (mais finalement plutôt bien).
Note de Juliette : on a d’ailleurs su en cours de repas qu’Evan avait été un joueur de rugby et maintenant toutes mes certitudes sont confirmées, ils se reconnaissent entre eux rien qu’en croisant un regard dans un train… 

Loin d’en rester là, Evan notre bon samaritain, nous a ensuite mailé puis rappelé quelques jours plus tard pour savoir comment se déroulait notre trip australien, si nous n’avions besoin de rien … et nous proposer le gîte et le couvert chez des amis puis chez sa sœur !
Voilà comment nous nous sommes retrouvés chez un de ses anciens amis de fac qui habite près de Sydney. Simon et Caroline nous ont en effet accueilli chez eux comme si nous étions des amis de longue date, pour la nuit cette fois. Encore une fabuleuse rencontre. Nous avons encore passé la soirée à discuter de tout et de rien, à refaire le monde en dégustant un excellent repas concocté par Caroline (et en buvant un peu faut le reconnaître…). Le lendemain matin, après que Simon nous ait encore gâté avec un super breakfast (jambon, œufs brouillés,…), cerise sur le gâteau pour les enfants :  un tour de quad avec les enfants dans leur magnifique jardin.
Les adieux ont été tout aussi chaleureux que l’accueil (avec en prime un pot de miel maison) et nous avons dû promettre de revenir les voir à notre prochaine visite en Australie… et à cette fois prendre leur caravane pour rester plus longtemps et découvrir plus en profondeur le pays.

Entre temps, mais vous avez pu le lire par ailleurs dans nos aventures au pays des koalas, nous avions également pu profiter de l’hospitalité d’Anya et David sur French Island, qui n’ont pas hésité une seconde à partager leur repas avec notre famille de campeurs désœuvrés, pas foutus de venir équipés pour la vie sauvage !

Ces quelques rencontres, d’autant plus extraordinaires que totalement inattendues, et cet incroyable sens de l’hospitalité nous ont amené à beaucoup réfléchir et nous ont finalement rendu envieux : oui, on aimerait vraiment pouvoir se dire qu’on aurait fait la même chose que ces gens, que nous aurions été aussi ouverts, mais au fond nous savons que si nous nous étions croisés dans un train à Lyon, nous n’aurions sans doute jamais eu l’ouverture (la présence) d’esprit nécessaire pour ouvrir ainsi nos portes et offrir une soirée, un repas mais plus encore un moment de partage. Nous espérons aujourd’hui que ces rencontres (et plus largement ce voyage) nous permettront, et permettront aussi aux enfants, d’avoir un autre regard sur les autres. Grande leçon d’humilité en tout cas pour nous, mais aussi pour Alexandre et Chloé, sincèrement touchés (peut-être plus encore Alexandre) par la gentillesse de ces inconnus du bout du monde.

Enfin, Evan nous avait donc également proposé de dormir chez sa sœur près de Sydney mais cette fois nous avons décliné cette belle offre puisque nous avons achevé notre parenthèse australienne avec, non pas notre 4ème rencontre (encore que), mais plutôt des retrouvailles avec Sophie et Séb, d’anciens copains de l’INSA expatriés à Sydney. Nous ne les avions contacté que quelques jours avant d’arriver à Sydney, juste histoire de boire (et oui) un verre (ou plus si affinité) avec eux et voilà qu’ils nous invitent chez nous et nous ont hébergé pendant 3 jours ! Et finalement, puisqu’ils ont maintenant la double nationalité, on peut encore parler de l’hospitalité australienne, que nous pourrons promouvoir sans peine.

Les enfants, en plus, étaient ravis de reparler enfin français avec eux et nous enchantés par leur chaleureux accueil. Nous avons passé 3 jours formidables, un peu comme à la maison, et c’était très sympa d’échanger à la fois d’anciens souvenirs, de parler de nos potes en commun (héhé !!) et de voir un peu comment se passe leur vie d’expatriés à l’autre bout de la planète. Encore un énorme merci à eux de nous avoir ouvert leur porte en grand (avec en prime une vue magnifique, surtout au réveil…) et de nous avoir supporté… jusqu’à l’aéroport pour Séb, transformé en taxi d’un jour, le nôtre ayant fait défaut (décidemment, on a quelques soucis avec les transports… et ça n’est pas fini !).

Trop plein de bienveillance, on se sent comme chez nous et du coup nous avons un peu relâché la « pression » et l’attention, avec 3 derniers jours en mode tête en l’air qui oublient tout… mais qui ont du bol puisqu’on a tout retrouvé ! Ça a commencé avec notre appareil photo, oublié chez Simon et Caroline et qui nous a valu une bonne grosse heure de route en rab … Et ensuite on en a fait une chacun : téléphone portable pour moi, oublié dans un des ferrys-taxi boats de Sydney, qui m’a valu un tour gratuit d’une heure pour retourner au terminal où une bonne l’avait déposé ; carte bleue pour Juliette, tombée sous une table alors qu’on prenait un dessert bien mérité au Pavillon de Coogee après notre marche depuis Bronte… 3 bonnes heures plus tard, après la plage et les courses (sans les courses on ne sait même pas quand on s’en serait rendu compte), retour à Coogee où la carte attendait sous la table…
Et pour finir, nous avons oublié quelques chargeurs chez Sophie et Séb qui nous les ont renvoyés à Auckland… Tout va bien !

Bon, il va falloir qu’on se rachète un cerveau pour la suite de l’aventure notamment en Amérique du Sud… et qu’on réapprenne à condenser nos aventures.

A ciao !

2 commentaires:

  1. Vraiment contente pour vous de ces belles rencontres. Je sens bien le retour avec un voyage de la famille d'Evan en France.
    Dites, vous êtes sûrs que vous allez rentrer? Je sens bien que cette partie du monde vous tenterait un peu. Et encore, on attend la suite en nouvelle zélande...
    Bonne continuation dans votre périple!
    La bise de Villeurbanne ;-)

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  2. Tres jolies articles. C'est bon de voir qu'il y a encore des gens avec des grands coeur.. Très touchant

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