mercredi 3 février 2016

2016, Odyssée thaïlandaise

Previously dans « on s’en fait tout en monde, Thaïland adventures »

Rappel des épisodes précédents : après le Cambodge, la p’tite famille Marras s’aventure en pays thaï sur la trace de Franck, chasseur de fauves (attention, là y a de la référence) !
Leurs aventures les conduisent de Koh Chang à Kanchanaburi en passant par Bangkok, à travers les mers, les temples et les forêts pluviales.
C’est à Kanchanaburi que nous retrouvons nos aventuriers en herbe (ou en liane, ça dépend des fois), sur le point de poursuivre leur trip vers les îles du Golfe de Thaïlande.

Nous voici donc prêts à quitter Kanchanaburi en direction de Koh Tao, petite île à l’air paradisiaque au large des côtes de Chumpon.
Bon, après avoir pesé le pour, le contre, les « ni pour ni contre » et les « bien au contraire », on choisit de booker un trip complet avec un billet combiné permettant d’éviter toutes les galères et les transferts.
Et puis comme ça on se fait le bus de nuit et le lendemain on est d’attaque à 9h35 sur Koh Tao pour profiter en plein !

Lundi 25/01, 13h00 : sacs prêts, tribu habillée et équipée !
Direction Bangkok en mini van.
Timing : RAS
Stress : RAS
Potentiel de galère : RAS 

Lundi 25/01, 15h30 : Bangkok en vue !
Timing : RAS+ (en avance de 30 min sur l’horaire prévu)
Stress : RAS
Potentiel de galère : RAS
Signe avant-coureur : impression étrange que le chauffeur ne découvre notre destination qu’en y arrivant, ce qui donnera un viril « Koh Tao, Koh Tao, get off here » sans semonce ni avertissement préalable !

Lundi 25/01, 15h31
Confirmation d’une organisation « funky » : le check point pour basculer entre le mini van et le bus n’est pas la gare routière de Bangkok mais le lobby d’un hôtel miteux du quartier.
Un correspondant en mobylette old school (digne de la 103 sacoches de mon frangin en 1985) nous attend pour nous y guider.
Retour au mode baroudeur/sac à dos et marche (tonifiante et vivifiante s’il en est, la journée étant fraîche) jusqu’à l’hôtel.
Timing : RAS
Stress : RAS
Potentiel de galère : RAS + mais rendez-vous est pris avec notre nouveau meilleur ami thaï à 17h45 pour rejoindre le bus (supposé partir à 18h00) 

Lundi 25/01, 18h00
On n’a pas dû se montrer suffisamment amicaux, parce que notre poto à la mob pourrie n’a toujours pas pointé le bout de son nez !
Ju commence à pincer les lèvres (signe d’agacement caractéristique, note pour les non initiés), quant à moi, qui d’ordinaire ne verrais pas vraiment où est le problème (un quart d’heure de retard, so what ??) je me dis qu’on va finir par passer une nuit de plus sur BKK.
Du coup on appelle notre « agence de voyage » (terme pompeux pour qualifier le fourgue qui nous a vendu les billets) : « pas problème, pas problème, toi attendre, la navette en route » / in english « no problem, no problem, you wait, shuttle on way » (faut essayer de se le dire avec l’accent de la serveuse du resto chinois du coin de la rue, c’est plus fun). 
Timing : RAS -
Ju commence quand même à se dire que pour le bus de 18h00 ce sera chaud, même si moi je me dis que finalement on est large : avec la navette ça va rouler tout seul
Stress : RAS +
Potentiel de galère : RAS ++

Lundi 25/01, 18h20
Ça y est la navette arrive… enfin le pédibus : ben ouais la navette c’est juste un mec (mais pas le même mec, faut suivre, pas non plus celui qu’est sur le pont de l’Alma hein) qui guide un groupe de joyeux paumés comme nous (ah oui on s’est remis en mode sac à dos) dans les ruelles de BKK en passant d’arrière-cour de resto en salle de Muay Thaï.
On arrive au bus à 18h40, contents de voir qu’il nous a attendus.
Timing : - 
Stress : RAS (on redescend d’un cran, le bus est là après tout)
Potentiel de galère : RAS + (on reste vigilants quand même, des fois que)

Du lundi 25/01, 18h40 au mardi 26/01, 05h40
Nuit dans le bus entre lecture, ordi et un peu de tablette pour les enfants. Bon pour dormir c’est chaud au départ vu que les loulous ont choisi la banquette du fond au premier étage… et que c’est juste sous la centrale de clim qui fait le bruit d’un concorde au décollage (ce qu’on avait pas vraiment perçu moteur arrêté).
Le problème sera réglé sur le coup de minuit après un démontage en règle du bus.
Nuit sans encombre avec quelques pauses pour ravitailler et vidanger (dans tous les sens du terme) et juste le premier incident pour nous : problème de vidange avec le p’tit loup qui passera une fin de nuit humide.
Timing : il fait nuit, on ne sait pas où on est, personne ne nous dit rien, donc tout va bien
Stress : pépère
Potentiel de galère : + (avec les sacs en soute Alex restera humide) 

Mardi 26/01, 05h41
On descend du bus sur un petit port sans âme ni prétention au premier abord, mais franchement miteux en y regardant de plus près… étrange mais pourquoi se formaliser ?
Un de nos co-bus (un italien dans la grosse quarantaine qui n’aurait pas dépareillé au casting des Affranchis) s’excite après les mecs du bus, mais bon on n’y prête pas attention, après tout ils sont nerveux quand même ces ritales !
Timing : à cette heure-ci autant dire qu’on s’en cogne
Stress : pas assez réveillés pour stresser
Potentiel de galère : - (on sort les sacs et on change Alex, tout roule !) 

Mardi 26/01, 05h53
Intrigué par l’air toujours vénère de notre ami de la N’Dranghetta, je pars aux renseignements : ben en fait on n’est pas à Chumpon (là où nous devions prendre le bateau initialement), on n’est pas vraiment non plus dans un port et on n’arrivera pas vraiment à 9h35 à Koh Tao !
Non on se trouve en fait vers Surat Thani (2h plus au Sud alors qu’on vient du Nord) et on va finalement transiter par Koh Samui avec le bateau de 8h30 … ce qui du coup nous fera faire le Yo-Yo si on garde notre idée originelle de trip. 
Timing : on ne s’en cogne plus vraiment vu que le trajet vient de prendre d’un coup 3h dans les chicos
Stress : pas vraiment stressés mais on se dit juste que ça va être long finalement ce trip
Potentiel de galère : ++, les enfants (et nous avec) vont finir par craquer c’est sûr

Mardi 26/01, 05h54
Ne maîtrisant pas encore toutes les subtilités du Thaïlandais, je ne fais pas d’esclandre mais essaie quand même de comprendre ce qu’on fout à 150 bornes de notre point de chute supposé. La réponse en VO : « No Chumpon, no boat, big waves, no boat, Surat-Thani same-same » le tout avec un grand sourire qui me fait dire qu’on se fout - just a little bit - de ma gueule !

Mardi 26/01, 7h55
Le bus pour aller prendre le bateau de 8h arrive pour nous chercher. On refout notre bardas dans les soutes et hardi petit on va prendre notre bateau !
Bon, vu qu’en fait on se tape encore 1 heure de bus, autant vous dire que le bateau de 8h partira pas à 8h !
On arrive sur la jetée à 9h et on nous annonce que le bateau ne partira qu’à 10h, arrivée prévue sur Koh Tao à 14h. Là ça commence quand même à nous soûler grave mais voyant l’état de la mer, on se dit que peut-être leurs excuses bidon ne le sont pas tant que ça.
Timing : encore +2h sup l’air de rien
Stress : c’est plus le mot, ras-le-c.. serait plus adapté
Potentiel de galère : au plus haut (fatigue et mer agitée, cocktail explosif)
Mardi 26/01, 10h30
Avec l’habituelle demi-heure thaï dans les gencives, départ pour Koh Tao via Koh Samui et Koh Phangnan (dire Ko Pa N’gane, depuis 5h du mat’ je me mets à taquiner méchamment en Thaïlandais !).
La traversée est plus que mouvementée et ça dégueule de droite et de gauche (un  
peu comme un gouvernement à la mode Valls) partout autour de nous, mais seulement autour : Ju tient super bien le choc et les loulous…pioncent tranquilles comme Baptiste.
Timing : au point où nous en sommes on veut juste arriver
Stress : idem
Potentiel de galère : on redescend d’un cran, tout se passe au mieux vu les circonstances

Mardi 26/01, 13h30
On arrive pour la dernière étape sur Koh Phangan et là surprise : faut descendre et changer de bateau, mais pas de problème il arrive dans 10 minutes.
Sauf qu’en fait les 10 minutes se transforment en 1h30 avec un départ pour Koh Tao annoncé à 15h !
Les enfants sont toujours aussi cools (putain comment on a pu en faire d’aussi sympas !), heureusement.
Timing : on passe le cap des 7 heures de retard, à ce niveau-là on ne compte plus !
Stress : a disparu derrière la fatigue
Potentiel de galère : on se dit que ça va et que mis à part tout ce qui cloche, tout roule

Mardi 26/01, 14h45
Après avoir essayé en vain de faire valoir un droit à remboursement partiel des tickets auprès des guichets de la compagnie de bateaux, on se décide à appeler notre agence de voyage (souvenez-vous, on l’a déjà fait à BKK).
Ju prend les choses en main et ça chauffe sévère au téléphone… sans résultats probants (c’est fou comme comprendre l’anglais est à géométrie variable dans ce genre de situation) mais au moins elle se défoule !

Parenthèse et note pour plus tard : on a encore plus de 2 mois en terres anglophones et elle sait se fâcher tout rouge même en anglais… faire gaffe !

Mardi 26/01, de 15h00 à 16h45
Effectivement, la mer est démontée et la fatigue a raison de tout le monde ! Cette fois les enfants ne tiennent plus le choc et on se retrouve chacun avec Ju (qui elle pour le coup tient admirablement) à en gérer un.
J’ai eu le plus de bol en me coltinant Chloé : elle sait viser dans un sac, ce qui n’est pas le cas d’Alex !
Presque 2 heures de traversée, pas le moindre Turc à l’horizon ni même une tête de Turc sur qui passer nos nerfs, et pourtant : que diable allions nous faire dans cette galère ! Car pour le coup c’en était une vraie !

Et voilà comment nous sommes arrivés à Koh Tao après près de 28 heures de voyage, fourbus mais contents d’y être enfin !
Pour la petite histoire : il y a vraiment eu une tempête, des bateaux ont vraiment été annulés et d’autres ont eu des galères sûrement plus graves que nous (avions ratés par exemple).
L’un dans l’autre, on ne s’en tire donc pas si mal !

Voilà pour cette nouvelle et trépidante étape qui fera plaisir à mon père / Papy Nono qui trouvait qu’on était trop facile et se demandait où étaient les difficultés.

La bise à tous et see you on the blog pour un tour sur les Koh.

2 commentaires:

  1. Salut Ulysse (c'est le 31, référence aussi top que Franck !!!), vous commencez à comprendre comment un mec a mis 10 ans pour rentrer chez lui. Et encore, il n'était pas passé par la Thaïlande (enfin sait on jamais). En tout cas en France, on est petits joueurs avec notre SNCF! Y en a qui se plaignent...
    En tout cas, les p'tits loups sont sympas mais c'est normal la force est en eux!
    On est loin du c'est quand qu'on arrive. En même temps, quand on sait pas où on va, y a pas de question à se poser.
    La sérénité asiatique est un art de vivre. C'est des cousins aux Suisses car après tout, y a pas l'feu au lac. Avec l'accent thaï, cela doit être fun.
    En tout cas, lire vos aventures c'est super. Kho Lanta quoi.
    Énormes bisous

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  2. 28 heure pour votre périple, 28 min pour le lire !!!
    Je me met tardivement sur votre blog, c'est que vous commencez à nous manquer ! Bravo pour l'écriture en tout cas même si Juliette prend un peu cher !
    Bises à tous
    Laure

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